La bataille de Waterloo

1) Les trois coups

 

HOUGOUMONT

  Fr.gif (1266 octets)  Napoléon se trouve au lieu-dit "La Belle Alliance", une auberge située sur le versant opposé du plateau occupé par les Coalisés.

La batterie de la Garde sonne tonne trois coups à intervalles réguliers, c'est l'attaque.

    L'empereur à comme objectif la prise du village de Mont-St-Jean, la perpendiculaire imaginaire tracée de "La belle Alliance" au village de Mont-St-Jean coupe la ligne de front des coalisés en deux presque son centre:

    Ceci dans le but d'appliquer sa tactique préférée , couper la ligne de front en deux, puis se rabattre sur les deux ailes et les battre séparément .

    Afin de tromper l'adversaire, une manœuvre de diversion est tentée sur l'aile gauche, le Prince Jérôme et le deuxième corps de Reille ont reçu l'ordre d'occuper les abords d'Hougoumont. Ceci obligera Wellington à soutenir sa droite en dégarnissant son centre.

    Ainsi, le centre Anglais affaibli sera plus facile à percer. Notez que l'Empereur ordonne la prise des abords d'Hougoumont, pas du corps de ferme. Il n'existe pas de trace écrite de cet ordre. Néanmoins Reille déclarera après coup qu'il s'agissait de "tenir dans le fond, derrière le bois en entretenant en avant une bonne ligne de tirailleurs" et qu'il avait maintes fois renouvelé cet ordre, mais en vain. L'ordre verbal de l'Empereur est certain, car Reille n'aurait pas engagé la bataille sans ordres formels de Napoléon.

    Hougoumont possède ce qui est décrit quelque fois comme un petit château , pas un château de type médiéval, mais plutôt en fait une grande et solide bâtisse avec un mur d'enceinte, que nous pourrions appeler "Maison de maître". Les assaillis retranchés ici peuvent faire de sérieuses brèches dans les rangs ennemis. Autour et derrière, un verger et également un petit bois. Ce dernier est occupé par bataillon de Nassau et une compagnie de carabiniers Hanovriens.

    Le bois est touffu , le 1er léger s'y engage, suivi par le 3em de ligne, une batterie de canons du 2em corps ouvre le feu sur la position ennemie, une batterie Anglaise postée au bord du plateau riposte, Les officiers Anglais regarde leur montre; Il est 11h35. La bataille est engagée.

    Il faudra une heure pour repousser les défenseurs, renforcés entre temps par des compagnies de gardes Anglaises et arriver à 30 pas du corps de ferme. Emportés par un élan fougueux , mais néfaste, les Français continuent l'assaut, et viennent se heurter au mur d'enceinte percé de meurtrières. Un feu nourri et précis les accueillent, puis les dispersent, l'assaut est brisé. Encore une fois depuis le début de la campagne, les ordres sont bafoués. L'impétuosité Française qui à offert tant de victoires à l'empire est aujourd'hui un danger pour lui.

 

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    Le général Guillemot, chef d'état major de Jérôme Bonaparte, conseille à ce dernier de suivre les ordres et de tenir le bois simplement. Mais le Prince refuse et ordonne à la deuxième brigade de Soye de relever la première brigade de Baudouin, d'en intégrer les survivants, et de tourner Hougoumont par l'Ouest en vue d'une attaque de la façade Nord du bâtiment. L'on à l'impression que chaque homme présent sur le champ de bataille veut battre les coalisés à lui tout seul.

    Fr.gif (1266 octets)  Cette colonne un peu chaotique va devoir louvoyer à moins de six cents mètres des batteries Anglaises. Lorsque, enfin ,elle arrive à l'entrée nord, et malgré que le Lt Legros ai réussi à enfoncer un battant de porte et à pénétrer dans la cour avec quelques soldats, l'attaque est un échec. Legros et ses hommes sont fusillés à bout portant, tandis que dévalent des pentes du Mt St Jean quatre compagnies de Coldstream envoyées en renfort par Wellington. Les Français pris entre deux feux doivent se replier. Pourquoi n'avait t'ont pas canonné à outrance ce bâtiment avant de porter l'assaut, c'est une des nombreuses questions qui vont faire de cette bataille une des plus controversées de l'histoire, en ce qui concerne l'efficacité du commandement Français.

 

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     HOUGOUMONT

   GB.jpg (1959 octets)  L'empereur pendant ce temps prépare une concentration d'artillerie pour pilonner le centre Anglais, composée des batteries du 1er corps et des batteries de la Garde, 80 pièces au total placées en avant et sur la droite de la "Belle Alliance".

    Le soleil maintenant à fait son apparition, et chauffant la terre mouillée provoque une petite brume bien connue des gens du Nord. Un aide de camp de Ney vient aux ordres, Napoléon jette un dernier coup d'œil sur le champ de bataille avant qu'il ne soit masqué par la fumée de la grande batterie qu'il vient de mettre en place. Surprise et inquiétude; A deux lieues au nord-est, un nuage sombre semble sortir du bois de la Chapelle St Lambert.  Napoléon consulte son entourage à propos de ce nuage, certains n'y voient rien, d'autre des Français, d'autre des Prussiens. L'Empereur dont le coup d'œil est légendaire, lui, sait. Beaucoup trop loin pour distinguer les uniformes, il a quand même reconnu un mouvement de troupe. Très vite, il sera fixé, un sous-officier  du 2em lanciers de Silésie fait prisonnier lui apprend ce qu'il redoutait; les troupes aperçues sont l'avant garde de Von Bülow, commandant le 4 em corps Prussien  fort d'environ 30 000 hommes.

 

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                                                    L'Empereur interrogeant le prisonnier

    l'Empereur n'est toutefois qu'à demi surpris, mais inquiet. L'armée Prussienne qui selon Grouchy faisait route sur Bruxelles opérait un mouvement de flanc pour rejoindre Wellington, laissant le  3em corps de Von Thielmann sur place pour faire écran et tromper Grouchy. A ce moment précis, Napoléon sait que les Prussiens peuvent déboucher sur son aile droite, ou pire, fondre sur ses arrières en coupant sa retraite. Du reste c'est précisement ce qu'il vont faire en arrivant sur le champ de bataille.A moins que Grouchy ne s'interpose, la partie est dors et déjà mal engagée car l'initiative va échapper à l'Empereur.

       Napoléon fait ajouter un post scriptum à la lettre que Soult écrit à Grouchy, il signale  la présence du corps Prussien, et presse le Maréchal de rejoindre au plus vite le champ de bataille. Les archives du ministère de la guerre sont formelles, les ordres pour Grouchy sont de rejoindre l'Empereur. Le message est parti, mais est-il arrivé, ou tout au moins arrivé à temps ?. Il semble bien que l'officier chargé de porter le message se soit égaré, et que le message soit arrivé trop tard. Quoi qu'il en soit, le Maréchal Grouchy n'a pas opéré de mouvement pour rejoindre. L'Empereur demandera à Soult combien il avait envoyé de messager à Grouchy, Soult répondra "Un, sire" ce qui fera dire à Napoléon: "Ah Monsieur, Berthier*, lui, en aurait envoyé cent"

    *Berthier prisonnier des coalisés s'est dit t'on suicidé peu après le retour de Napoléon.

                                         

            Fr.gif (1266 octets)    Napoléon pense un temps déborder la droite Anglaise en glissant ses troupes sur la route de Nivelles sur la gauche afin de préserver sa ligne de retraite. Mais ceci prendrait encore du temps, son ennemi aujourd'hui, et surtout Napoléon a jugé que la droite Anglaise est plus forte que son centre. Ce qui est confirmé aujourd'hui. L'attaque aura lieu comme prévu, sur le centre gauche Anglais. A partir de ce moment Napoléon sait que cette bataille sera un vrai "coup de poker". Wellington aussi, le sait. Mais surtout tous deux savent que l'on ne gagne pas une bataille "sur le papier". TOUT peut arriver, un bataillon peut flancher et entrainer avec lui le recul de la ligne de bataille , pire, la rompre. Des ordres mal traduits peuvent entrainer une catastrophe. Etant donné que sur un champ de bataille, le principal facteur est humain, tout peut arriver. 

    Deux divisions de cavalerie légère, celle de Domon et Subervie sont détachées sur la droite de la ligne Française afin d'observer l'ennemi, de gêner ses mouvements et de rallier les têtes de colonnes de Grouchy dès qu'elles apparaîtront. Le comte de Lobau et son 6em corps reçurent l'ordre de se placer en potence entre la droite Française et ces corps de cavalerie, afin de contenir une éventuelle attaque Prussienne. Une partie des troupes Françaises qui devait être engagée contre Wellington est maintenant placée en réserve, et donc hors offensive.

    L'empereur est privé par obligation d'une partie de ses troupes pour l'assaut du centre Anglais, mais il n'a pas le choix. Il doit protéger son flanc droit et ses arrières. L'avenir confirmera la justesse de ce choix. Fait rarissime, dès ce moment, Napoléon va subir les événements.

    Napoléon déclare à Soult "Nous avions ce matin 90 chances pour nous, nous en avons encore 60 contre 40, et si Grouchy répare l'horrible faute qu'il a commise en s'amusant à Gembloux et marche avec rapidité, la victoire en sera plus décisive car le corps de Bülow sera entièrement détruit". L'Empereur ignore à ce moment que Von Bülow n'est pas seul.

   

   

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