La bataille de Waterloo

2) L'attaque de Drouet d'Erlon.

                                                              

                                                                           

                                                                          

    GB.jpg (1959 octets)     L'attaque générale commence par une canonnade d'une demi-heure. Wellington fait reculer ses lignes de 100 pas. Puis, le silence .Les batteries suspendent le tir pour ne pas toucher le 1er corps de d'Erlon qui monte à l'assaut.  On le saura plus tard, à cause du sol détrempé et d'un repli de terrain, cette canonnade monstrueuse fut inefficace, en tout cas pour être plus précis, pas aussi efficace qu'elle aurait du l'être. Le soldat coalisé touché par un canon Français ce jour là fût bien malchanceux. Les boulets ne ricochent pas, traçants de longs sillons inutiles dans une terre détrempée qui les absorbe. Les obus à mèches s'enfoncent et explosent en soulevant une gerbe de terre boueuse particulièrement inoffensive.

    Cette attaque commandée par Ney et d'Erlon sera catastrophique, une erreur grossière de disposition des troupes va précipiter quatre divisions au-delà d'un échec certain. Selon toute logique militaire, les troupes auraient du être placées en colonnes d'attaque, de façon à pouvoir opérer des mouvements rapides, et particulièrement favorable aux formations en carrés. Ney et d'Erlon ne peuvent l'ignorer. De plus, cette formation est particulièrement adaptée au terrain accidenté, comme ici. Evidemment dans un fauteil et presque deux siècles après, ce jugement est facile, mais c'est l'opinion de beaucoup de vrai stratèges.

   

    Encore une fois, l'on joue la précipitation. Si l'on y ajoute l'aveuglement de la haine et un sentiment d'invincibilité qui pousse à sous estimer la puissance de l'adversaire, l'on obtient l'ingrédient de base parfait pour une défaite certaine.

    Les trois divisions adoptent la pire formation qui soit dans ce type de configuration, un front compact de 160 à 200 hommes sur 24 de profondeur chacun. J'ai bien écrit trois divisions, car la quatrième, celle de Durutte qui ne se plie pas à cette ordonnance monte en colonne. Les trois autres divisions vont présenter un front le plus large possible aux canons, aux fusils, ainsi qu'une particulière vulnérabilité aux attaques plus que probables de la cavalerie. C'est presque insultant pour l'adversaire.

    Il est vrai que l'étroitesse du champ de bataille ne favorisait pas les grands mouvements, ni les forts déploiements de troupes.

    La, va se jouer le premier tournant de la bataille, les Français montent à l'assaut au cri de "Vive l'Empereur!!" Le choc est violent et bref ; Les coalisés sont enfoncés, déjà les cuirassiers de la brigade Travers et les tirailleurs de d'Erlon semblent couronner le plateau, suivis à quelques pas du gros de l'infanterie. Si ce corps réussi à se maintenir sur le plateau, la cavalerie lourde de réserve pourra asséner le coup de massue et enfoncer le centre Anglais, l'infanterie se chargeant d'élargir et de maintenir la brèche. L'ennemi tient toujours ses positions dans les fermes d'Hougoumont, la Haye Sainte et de Papelotte, mais ces positions seront débordées, en prise entre deux lignes Françaises, coupées de leurs arrières, de leurs renforts et de leurs approvisionnements en munitions, et donc d'aucune véritable utilité défensive à long terme. Il suffira par la suite de leur proposer la rédition ou de pulvériser ses redoutes improvisées au canon.

    A cet instant précis "Tout va à merveille", selon l'état-major Français.

                                           

                                 

    

               Fusil "Brown Bess" (G.B)

                                                               

  Fr.gif (1266 octets)   C'est alors que l'ordonnance vicieuse des troupes de d'Erlon va démontrer son principal défaut, en plus d'avoir au moins doublé les pertes pendant l'assaut, elle va positionner les Français en une seule masse compacte, qu'il faut maintenant déployer. A quelques pas seulement de l'ennemi. Cette masse piétine.

    C'est la confusion générale, les régiments s'emmêlent .Les officiers hurlent, les hommes tournoient, se bousculent; l'assaut est brisé net. L'ennemi peut réagir. Et il le fait.

    Les Coalisés couchés dans les seigles pour éviter les projectiles se relèvent, et chargent dans un premier temps Donzelot occupé à faire se déployer ses troupes, Picton emmène les brigades Kempt et Pack au contact des Français en pleine manœuvre.

    Marcognet arrive à peu près à la hauteur de Donzelot et jugeant qu'il n'a pas assez de place pour déployer ses troupes, est contraint d'aborder à la baïonnette le 92em Highlander qui le fusille déjà. Il ne peut opposer à la mitraille Ecossaise qu'un pauvre feu de file d'un bataillon, il doit pourtant emporter la position .

    Pendant ce temps, Lord Uxbridge envoie contre les cuirassiers de Travers, les quatre régiments de la Garde à cheval de Somerset. Les cavaliers Français apercevant l'ennemi chargent, mais trouvent sur leur chemin un ravin. On s'élance, mais le temps de remonter les pentes opposées, les Anglais sont là, ils couronnent les hauteurs de l'autre versant. La charge Française est brisée, il faut suivre le ravin pour se reformer plus loin. Plus loin, en suivant le ravin il y a une sablonnière que l'on appelle aussi gravière, on essaie de s'y reformer quand les régiments Anglais portés par leur masse et le terrain descendant, fondent sur la brigade en formation. Le gros de cette brigade est rompu.

 

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Royals Scots

    GB.jpg (1959 octets)   En même temps, la brigade de Ponsomby (Royaux et Scots-Greys) se jette sur l'amas composé par les divisions de d'Erlon. On y entre comme dans du beurre, c'est ce que font précisément les Britanniques .  Les Inniskillings fondent sur, ou plutôt, se fondent dans la division Donzelot. La division Marcognet voit soudain s'ouvrir les rangs des fusiliers Ecossais et par ces brèches débouler les Scots-Greys aux cris de "Scotland Forever!!" . C'est la confusion générale dans les rangs Français. Les Impériaux redévalent les pentes avec au milieu d'eux les cavaliers ennemis qui les sabrent. Ce flot entraîne au passage la brigade Bourgeois ainsi que la brigade Quiot qui doit, elle, stopper son attaque sur la Haye-Sainte. La division de Durutte au dessus de Papelotte désormais sans protection  est chargée de flanc par des dragons Anglais, Hollandais et les hussards Belges. Elle réussie néanmoins à se replier en bon ordre. Il ne reste plus de Français vivants sur le plateau. Le sol est couvert de morts pour la plupart Français, tout est à refaire.

        Les cavaliers Britanniques excités par cette facilité poursuivent leur attaque et charge le reste de l'armée Française. Lord Uxbridge qui a compris le danger, fait sonner la retraite.

    Ses cavaliers  ne l'entendent ou ne veulent l'entendre, pas plus que les Ecossais. Les Anglais sont décimés par les tirs de la division Bachelu, les Ecossais bien qu'engagés durement  par les lanciers de Martigue, se dirigent tant bien que mal sur la grande batterie. L'Empereur lance alors deux régiments de cuirassiers qui raccompagne près de leurs lignes les rares survivants Coalisés de cette charge catastrophique.

 

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Scots Greys

  On marque une pose dans la bataille, chacun rejoint ses positions. Voyant les corps jonchants le terrain, un officier Anglais dira "On se croirait au lendemain d'une grande bataille",  mais la bataille vient juste de commencer .

    Nous en sommes au même point qu'à 11 heures, à quelque chose près;

    Une attaque a échoué causant des lourdes pertes aux Français. Le temps à passé, rapprochant d'avantage les Prussiens du champ de bataille. Mis à part les régiments de cavaleries précitées, les pertes des Coalisées sont minimes.

   A gauche, on se bat furieusement à Hougoumont, un obusier Français met le feu à la toiture du petit château, les défenseurs se réfugient dans d'autres lieux et continuent une résistance acharnée. Les blessés soignés dans l'étable en feu , sont touchés par les flammes,  leurs camarades ne peuvent les secourir occupés au combat ou repoussés par la chaleur de l'incendie. Bon nombre seront brûlés vifs. L'horreur s'installe.

 

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Hougoumont en feu

 

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