La bataille de Waterloo

3) Les charges de Ney

 

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Charge de cavalerie

 

15 heures; La roue tourne.

    PR.gif (1298 octets)    Wellington se conforme à son propre plan, résister en attendant les Prussiens, qui d'ailleurs seraient les bienvenus. Il est averti de leur présence près du bois de la Chapelle St Lambert depuis quelques temps. Dans l'état major Coalisé, on craint de ne pouvoir résister à une seconde charge Française.

   Napoléon n'est pas non plus très à l'aise, il vient de recevoir un message de Grouchy lui indiquant qu'à onze heure et demi, il se trouve à trois lieues du Wavre, et qu'il demande des instructions pour manœuvrer le lendemain. Il apparaît clairement à l'Empereur que Grouchy ne viendra pas ou bien tard, à moins d'un soudain et brusque changement d'avis du Maréchal, se portant au son du canon, comme indiqué sur les ordres de Soult.

    Certains des officiers accompagnant Grouchy, dont Gérard, entendant le roulement du canon au loin, lui font remarquer "Qu'il faudrait marcher à l'Empereur", Grouchy réplique qu'il n'a pas d'ordre en ce sens.

        L'Empereur à ce moment précis n'a pas d'autre alternative que d'attaquer et de rompre au plus vite la ligne de front de Wellington. Positionner ses troupes sur la défensive, signifie favoriser la jonction des deux armées coalisées et avoir à les affronter au plus tard le lendemain. Même avec l'hypothétique renfort de Grouchy, à plus de deux contre un dans une position qu'il ne connaît pratiquement pas et qui ne sied pas à la façon de combattre de ses troupes; la pure défensive, la victoire serait compromise. Il faut vaincre, vaincre à tous prix.

    Vers 15 heures trente, dès que D'Erlon eut rallié ses troupes, l'Empereur ordonna à Ney d'attaquer  de nouveau la Haye Sainte, pour servir de point d'appui à l'assaut final.

    Malgré un soutien de la grande batterie. "Jamais soldat n'avait entendu une pareille canonnade" ; L'attaque menée par les brigades Donzelot et Quiot échoue.

    Pourtant quelques bataillons Anglais reculèrent pour se mettre à l'abri des boulets, et au loin, des convois de blessés, de prisonniers et de fuyards partaient en direction de Soignes.

                                                   

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Maréchal Michel NEY

 Fr.gif (1266 octets)    Ney, se trompant alors sur ce mouvement qu'il prit pour un début de retraite, décida de forcer le destin en emportant le plateau avec une gigantesque charge de cavalerie.

    Son aide de camp, demande alors au général Farine, sa brigade de cuirassiers. Farine s'exécutant, vit soudain son mouvement stoppé par ordre du général Delort, commandant la division. "Nous n'avons d'ordre à recevoir que du comte Milhaud".

    Ney, irrité se dirige à la rencontre de Delort, exigea non seulement la brigade de Farine, mais également  tout le reste du corps, soit six régiments .

    Delort lui aurait alors répondu que c'était une imprudence sur ce terrain. Il réussi néanmoins à placer en réserve derrière un mamelon les carabiniers; géants blindés aux uniformes "à l'antique ". Ils seront bientôt la seule réserve lourde de cavalerie.

    Delort obéit au Maréchal, et alors que cette division avançait vers les Anglais, la cavalerie légère de la Garde lui emboîta le pas, après que Ney eu parlé à son commandant, Lefevre-Desnouettes."Je vais attaquer, soutiens moi". Ensuite, dans un élan d'impatience et ne voulant pas manquer l'occasion de sabrer l'ennemi, la quasi totalité de la cavalerie Française s'ébranla derrière le Maréchal.

        L'Empereur avait évoqué une charge de cavalerie, mais il était convenu que celle ci devrait se faire, comme à l'habitude , sur son ordre uniquement. Lefèvre-desnouettes, qui devait être au courant de cette grande charge, a t'il cru que Ney avait reçu l'ordre de Napoléon ?. L'Empereur n'avait t'il pas dit: "Je ferai jouer ma nombreuse artillerie, je ferai charger ma cavalerie et je marcherai avec ma Vieille Garde". Napoléon d'ailleurs ne dira pas qu'il n'avait pas l'intention de procéder à une charge de cavalerie, il dit simplement     " Ce mouvement fut prématuré", dont trop tôt, mais bien prévu.

Notez ici un élément important: Napoléon à l'intention d'engager sa Vieille Garde. Il l'a fait deux jours avant, engageant même ses deux régiments sacrés  le 1er Grenadiers et le 1er Chasseurs, fait rarissime. Ceci pour répondre aux détracteurs qui prétendent que Napoléon à perdu pour avoir hésité à engager la Vieille Garde. Du reste, pour soutenir la Jeune Garde à Plancenoit , c'est deux Bataillons des 2ème régiment de Grenadiers et de Chasseurs qui iront au contact, alors qu'il dispose du 3ème et du 4ème de chaque Corps.

    Attention, prévu, mais selon les circonstances. Quoi qu'il en soit Napoléon n'a pas pu, de l'endroit ou il était posté, la maison Decoster, ne pas voir le mouvement de ces milliers de cavaliers, dont ceux de sa Garde. Il est probable que Ney pensant que Napoléon voyant sa manœuvre et n'intervenant pas, c'était un accord tacite de l'Empereur. Mais l'Empereur pour l'instant ne voit pas une charge, mais un mouvement de cavalerie en vue d'une charge, et pense peut être que Ney comme à l'habitude viendra son chapeau à la main quérir l'ordre d'attaquer. Pour Napoléon, Ney doit former ses escadrons en vue de l'attaque prévue.

    Napoléon observe la ligne de Wellington, ce que pense Ney est inexact, les Anglais ne retraitent pas, ils renforcent au contraire leurs lignes. Wellington et son état major observent anxieusement les lignes Françaises. Les officiers coalisés craignent de ne pouvoir résister à une deuxième attaque générale d'infanterie . Il s'attendent à tout. A tout sauf à l'improbable, à l'incroyable. Lorsque les Coalisés réalisèrent qu'une gigantesque charge de cavalerie était lancée sur eux, ils furent frappés de stupeur. "Ils virent monter sur eux une mer d'acier".

 

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Le Maréchal Ney

 

Un jeune soldat Anglais écrit son récit de la bataille le lendemain.(Extrait de Roman).

"Nous nous attendîmes à une charge d'infanterie, nos lignes étaient prêtes, ayants peu souffert des tirs d'artillerie. Les formations étaient anxieuses, impatientes, fatiguées ou résignées, mais prêtes.    

    Soudain, je vis le sergent "Faulty" qui inspectait l'alignement s'arrêter net. Je ne compris pas pourquoi jusqu'au moment ou un fourmillement me monta le long des jambes. Puis un bruit sourd, ensuite, se fit entendre.Le fourmillement devint tremblement puis choc, le bruit tonnant, virevoltant, assourdissant presque enivrant. Le sol sembla se convulser. Je me sentis parfois ne plus le toucher.

     Je fus pris d'une anxiété dont je ne connaissais pas la cause, ou dont je ne voulu pas connaître la cause. Sur notre avant gauche, le canon se mit à tonner. Mon voisin,le vétéran Millan, qui venait lui, de comprendre, ouvrit la bouche comme pour protester mais, soudain aphone, ne fit que faire choir sa pipe en terre, il ne la ramassa pas, comme pétrifié.        

    Je vis sur son visage comme un bandeau de lumière. Puis, toute la première ligne dont nous faisions partie, sembla s'illuminer d'une foultitude d'éclats versicolores. Droit devant, une masse compacte de cavalerie déboucha sur le haut du repli. Cuirasses, casques, sabres et lattes étincelants au soleil, éclaboussants nos habits rouges de reflets métalliques .Tournant alors la tête et en même temps que je les vis, j'entendis quelqu'un que je présume aujourd'hui officier ordonner le carré. L'ordre fut plus que hurlé, presque aboyé. Tournant presque à la supplique, il reveilla les hommes pétrifiés par le spectacle, qui comprirent que leur survie dépendait maintenant de la vitesse d'exécution de cette manoeuvre. Bien que le bruit fût assourdissant, nous entendimes néanmoins beugler les "Vive l'Empereur" .A condition de ne pas être à notre place, le spectacle était grandiose. Il semblait fondre sur nous une armée d'enragés.

    Mille sentiments m'envahirent et s'entrechoquèrent dans ma tête, mon cœur et mes tripes. La peur, l'admiration, la haine, la compassion pour ceux qui allait mourir, ma  femme, ceux du village, puis comme soudain changé en quelque golem et à l'instant précis du choc; plus rien.

    Notre surprise fut telle qu'à peine le carré formé, les Français furent sur nous. Nous pûmes néanmoins former un carré acceptable. Le choc fût effroyable et l'on pouvait percevoir le craquement sinistre des os des soldats percutés de plein fouet par ce bloc de chair et d'acier. Puis, les bruits sourds des lames fendants les shakos, ensuite seulement, au milieu des cliquetis divers et hennissements, cris de rage ou de ralliements; vinrent les hurlements. Comme si la peur et la douleur jusqu'ici cachées dérrières nos ennemis étaient soudain passé au dessus d'eux pour s'abattre sur nous. Je senti ma baïonette s'enfoncer dans quelque chose, le choc manqua de m'arracher les deux poignets..... .."

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    "Lorsque cette masse de cavaliers reprît la direction des ses lignes, nous eûmes un moment d'hésitation que le sergent "Faulty", malgré sa blessure, ne manqua pas d'écourter. Autour de nous, il y avait de nombreux tués ou blessés de notre régiment, mais c'était sans commune mesure avec le rempart de cavaliers et de chevaux Français hors de combat qui nous entourait.

    Bon nombre de vétérans pensèrent que cette attaque était un leurre destiné à tester et évaluer nos défenses, avant une attaque massive d'infanterie. J'eus la chance de me trouver à coté du Colonel, et donc entendre la conversation quand une estafette vint lui signaler que l'attaque fut menée par plusieurs milliers d'hommes. Ce que nous n'avions pas pu voir à cause d'un repli de terrain et d'une fumée abondante. Nos carrés reformés, notre surprise fût moins grande d'entendre sourdre à nouveau le grondement du sol.

     Certains de nos officiers  semblaient néanmoins inquiets; bien que repoussée , l'attaque des Français fut terrible. Lorsque le mur d'acier ondulant s'avança de nouveau sur nous, le silence dans nos rangs fût total, comme assourdissant. Les morts nous imitaient.........

   Pascal Gin "L'aigle de mer" Roman (Extrait.)

 

L'erreur funeste

   

    Fr.gif (1266 octets)   La stupeur de Napoléon dût être totale lorsqu'il vit s'élancer le Maréchal suivi de sa cavalerie. Les Anglais qui virent cette charge s'amorcer n'en crurent pas leurs yeux. Charger de l'Infanterie sans quelle soit gênée ou engagée, voir ébranlée par un tir d'artillerie est suicidaire. Cela ne peut que surprendre et bousculer les premières lignes des bataillons les plus avancés, à la rigueur rompre quelques carrés, mais ensuite ? L'élan brisé, cette cavalerie devra se replier pour se reformer et sera alors en position de vulnérabilité totale. Sans renforts d'Infanterie pour soutenir l'action, cette manœuvre est de plus, inutile. Cette charge est tellement stupéfiante que les officiers Anglais croient à une manœuvre de diversion de Napoléon, se demandant ce que "Boney" peut bien manigancer. L'erreur est tellement grossière qu'il ne peut s'agir que d'une ruse.

    Pire, les soldats Anglais qui ont combattu aux Quatre-Bras, savent pour avoir déjà vécu cette situation que ce genre d'action à bien peu de chances de réussir. Il suffirait de résister comme ils l'avaient fait deux jours auparavant pour briser ces charges. Ney aussi doit le savoir. Le   Maréchal se trompant sur le moral des Coalisés qu'il pense ébranlé,   voulant emporter le plateau avec une gigantesque charge de cavalerie,  soit. C'est une attitude concevable. Mais maintenant qu'il sait qu'il n'en est rien, pourquoi les autres charges ? Pense t'il, comme l'a écrit Henri Houssaye, "prendre le plateau à l'esbroufe" ?

    Il est vrai que si cette charge avait réussi, l'armée de Wellington se serait trouvé fort mal en point.

 

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Lance de Chevau-léger  (France)

        PR.gif (1298 octets) Pendant ce temps, Blücher arrivé un peu plus tôt fait descendre vers la droite Française, en direction et à l'abri du bois de Paris, le corps de Bulöw. Avant que celui ci soit complètement formé, il lance de la cavalerie contre les divisions de Domon et Subervie, qui n'ont pas pris la précaution élémentaire d'occuper les abords du bois. Néanmoins, ces escadrons Français ne se font pas prier pour charger à leur tour. Les cavaliers Prussiens sont battus, rompus et retraitent. Les Français dans l'élan vont culbuter quelques pièces d'artillerie, puis doivent se replier devant l'infanterie Prussienne. Ils retraitent à leur tour en réserve, démasquant ainsi le 6em corps de Lobau placé en potence. La réserve de la ligne est maintenant en passe d'être engagée.

   

   

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