La bataille de Waterloo
6) L'assaut final

Photo extraite du film "Waterloo" de Bondartchouk 1970
L'Empereur
reste près de la Haye Sainte avec les trois autres bataillons de la Garde, le 2em bat. du
2èm regiment de Grenadiers et de Chasseurs, emmenés respectivement par les généraux
Roguet et Christiani et le 2èm bat. du 1er Chasseurs, commandé par un certain général Cambronne.
Tous sont de Vieille Garde. L'Empereur les fait s'ordonnancer en vue d'une attaque avec un
bataillon au centre déployé et deux en colonne sur chaque flanc. Il peut ainsi soit
appuyer l'attaque de Ney, quoique improbable, soit porter un autre coup de boutoir au
centre droit Anglais, soit les placer en vue de faire front à une offensive Prussienne.
Toutefois la volonté de les ordonnancer de la sorte indique que la Garde va partir à l'attaque, à ce moment précis Napoléon est toujours occupé à une offensive.
Pendant ce temps, Ney emmène ses bataillons toujours en carrés à l'assaut du mont St . Jean. La Ligne reçoit l'ordre de seconder son attaque.
L'artillerie à cheval de la Garde se glisse dans les espaces laissés entre les carrés, quelques Grenadiers à Cheval survivants du carnage vont seconder leurs frères d'armes.
Ils s'avancent bravement contre la moitié de l'armée Anglaise. Les cinq échelons vont bientôt être quatre, les deux bataillons du 3ème chasseurs s'étant rejoints et confondus. Sur la droite, le 1er bataillon du 3em Grenadier, ensuite le 4em Grenadier (Un seul Bataillon) plus à gauche le 1er et 2em bataillon du 3em Chasseurs confondus ensuite le 4 em Chasseur (Un seul bataillon) . La Ligne reçu l'ordre de seconder cette attaque, mais Reille à pris du retard et est maintenant distancé, trop loin pour être éfficace. La Garde s'avance seule sur les Coalisés prévenus et préparés à l'attaque. Ney qui vient de perdre son cinquième cheval tué sous lui monte à pied à côté du général Friant. L'Artillerie Anglaise tire à double charge de mitraille, la Garde est battue de front et d'écharpe par l'acier ennemi. Les "Serrez les rangs" sont répétitifs, les carrés rétrécissent. "A chaque déflagration, les Français ondulaient comme blé au vent", raconte les Anglais. Bientôt à portée de tir des fusils, le calvaire de la Garde commence.

Fusil Baker (GB)
Le
1er bataillon du 3em Grenadier emmené par Friant engage et met en déroute un corps de
Brunswick, prend deux batteries Anglaises et aborde la gauche de la 5ème brigade
Britannique du Major Général Sir Colin Halkett ( 4 bataillons). Puis refoule le
2ème bat. du 30ème rgt (Cambridgeshire) ainsi que le 2ème bat. du 73ème rgt.
(Highland) qui reculent en désordre.
Le général Friant, qui vient d'être blessé retourne près de l'Empereur pour lui annoncer que "Tout va bien". Car les faits se déroulants sur une hauteur, il est impossible de les voir des lignes Françaises. C'est vraisemblablement à ce moment que Napoléon fait mettre en colonne d'attaque sa Vieille Garde pour attaquer les Prussiens, en effet l'Empereur n'a aucune raison de porter une attaque à un endroit ou "Tout va bien", sachant que les Prussiens menace très sérieusement sa droite, c'est la qu'il décide de se porter. Ensuite il fera faire manoeuvrer sur sa droite la Garde qui vient de monter dès qu'elle en aura fini avec les Anglais, puis il remontera à la Belle alliance rechercher le 1er de la Garde, le lancera sur Plancenoit, puis après en avoir chassé les Prussiens continuera sa marche avec les troupes de la Garde déjà présentent à Plancenoit droit sur les Prussiens. Le tout en appui avec la ligne. C'est en tout cas le scénario le plus vraisemblable, maintenant que l'on pense l'armée de Wellington sur le point de rompre, on va se porter tout naturellement au devant des Prussiens, mais cela n'est que mon opinion.
Le Général Belge Chassé, ancien officier Impérial, fait avancer la batterie Van der Smissen et prend de flanc le carré du 3em Grenadiers de la Garde déjà mal en point . Sortant de sa réserve, la brigade Detmer forte de 3000 hommes écrase le faible carré Français qui doit contenir moins de 400 hommes maintenant. Les grenadiers refoulés et rompus sont rejetés au bas de la pente, gravie si chèrement.
Le 4ème Grenadier ( Un seul bataillon) avec à sa tête le général Harlet, engage pendant ce temps la droite de la même Brigade Colin Halckett, le 2ème bat. du 33em rgt (1er West Riding) et le 2èm bat. du 69èm rgt. (South Lincoln) .Bien que fortement ébranlé, les Coalisés résistent. Halkett le drapeau du 33ème à la main, tombe griévement blessé. Les balles pleuvent de part et d'autre. "C'est à qui tuera le plus longtemps", rapporte un soldat Anglais.

L'Empereur Napoléon 1er
Episode
célèbre, le bloc composé du 1er et 2èm bataillon du 3ème Chasseurs emmené
respectivement par ses chefs le général Michel et le Colonel Mallet s'avance en
direction du chemin creux de l'Ohain, distant de quelques dizaines de mètres. Devant eux
un champ de blé, jaune doré d'abord, puis soudainement rouge, puis feu. Les 2000 gardes
de Maitland rangés sur quatre rangs se lèvent d'un bond et fusille la Garde à moins de
vingt pas. Ils étaient couchés attendant l'attaque de la Garde. Un drôle de diable
sorti d'une drôle de boîte. Wellington en personne les commande, il est au bon endroit
au bon moment. Le hasard porte un uniforme d'officier des carabiniers Français.
Le choc est effroyable, après le "carton" de l'artillerie sur ces Chasseurs, la fusillade tue net presque la moitié des deux bataillons. La ligne loin dérrière declarera que la fusillade était si intense qu'ils n'entendait plus leur propres coups de fusils. Il ne doit guère rester plus de 400 hommes maintenant. A la prochaine salve, si un Anglais sur cinq fait mouche, l'échelon sera purement et simplement anéanti. Aussi brave soit il, aucun guerrier n'arrête les balles. Le général Michel est tué net. L'attaque est brisée, les premiers rangs sont fauchés, il faut désormais enjamber les cadavres. Comme si l'ouragan n'était pas suffisant, les batteries Anglaises Ramsay et Bolton crachent leur mitraille sur les flancs de cette misérable poignée d'hommes. Malgré tout, la Garde essaie de former une ligne pour répondre au feu Anglais. On se fusille encore, les rangs Français s'éclaircissent, les Gardes de Maitland désormais rassurés à près de 10 contre 1 chargent à la baïonnette. Contre toute attente, et fidèle à elle même, la Garde, ou ce qui l'en reste, attend l'assaut, obligeant les batteries Anglaises à cesser le tir, pour ne pas blesser les leurs. Instant de répit sur les flancs pour prendre de face un choc dont l'inertie de la masse seule fit décrocher les survivants Français. Les débris des deux bataillons de Chasseurs sont balayés du plateau, et se retrouvent en bas de la pente, Anglais et Français pêle-mêle.
Le
bataillon du 4ème Grenadiers suivant son chef; le général Henrion, débouche soudain et
tente de dégager ses compagnons d'armes qui viennent d'être refoulés. Les Gardes de
Maitland à sa vue remontent les pentes aussi vite qu'ils l'ont descendu. Chasseurs
survivants et Grenadiers se reforment et remontent à l'assaut, de nouveau sous
la mitraille. A peine franchi le chemin d'Ohain, la brigade Adam forte d'un bataillon du
52ème (Oxfordshire), du 71 ème léger (Highland) et de six compagnies du 95ème Rifles,
qui s'était portée en potence sur les flanc de la Garde ouvre le feu. La Garde meurtrie
est de nouveau fusillée. Les Gardes Anglais de Maitland, s'arrêtant de courir font demi
tour et recommence à tirer sur les Français, épaulés par la brigade de Colin Halkett .
Comme si cela n'était pas suffisant, les Hanovriens de William Halkett débouchant
d'Hougoumont fusillent dans le dos les survivants Français. Le Colonel Mallet tombe
mortellement blessé. Les Coalisés voient néanmoins avec stupeur les débris du
bataillon des Chasseurs se déployer face au Gardes de Maitland, les Grenadiers faisant
marche sur la brigade Adam. La fusillade continue. Le colonel Colborn entraîne le 52ème
à la baïonnette, puis toute la troupe Coalisée à sa suite, les Chasseurs et les
Grenadiers sont refoulés par cette marée humaine et retraitent, c'est la déroute.